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JOURNAL · Élevage de la Ligne Claire

Tête, oreilles tombantes et fragilités du chien de chasse

Arc-et-Senans, Doubs · 15.09.2026 · Réf. LC-DOC-014

Gros plan sur la tête d'un chien de chasse à oreilles tombantes posé sur un sol en pierre, lumière rasante de fin d'après-midi entrant pa...
FIG. 01Gros plan sur la tête d'un chien de chasse à oreilles tombantes posé sur un sol en pierre, lumière rasante de fin d'après-midi entrant pa...

La forme de la tête et les oreilles tombantes d'un chien de chasse créent des zones fermées, chaudes et humides, où l'air circule mal : c'est là que se logent la plupart des fragilités à surveiller. Un crâne large, un stop marqué et un pavillon qui retombe sur le conduit auditif favorisent la macération, tandis que l'œil saillant d'un chien au museau court reste exposé aux frottements. L'appétit, lui, se surveille comme un indicateur : un chien de chasse qui ralentit à table ou qui réclame sans fin dit souvent quelque chose de son état général.

A

Pourquoi les oreilles tombantes demandent-elles un suivi particulier ?

Une oreille tombante recouvre le conduit auditif comme un couvercle souple. L'air y circule moins, la température monte, l'humidité reste. Chez un chien qui se baigne, qui travaille en sous-bois humide ou qui vit dans une maison chauffée, ce microclimat devient un milieu favorable aux levures et aux bactéries. Le cérumen s'accumule plus vite, et le moindre corps étranger, une graminée par exemple, reste coincé plus longtemps qu'il ne le ferait dans une oreille dressée.

Ce n'est pas une fatalité, c'est une contrainte de forme. On la gère par des gestes simples et réguliers : regarder l'intérieur du pavillon une fois par semaine, sentir l'oreille, vérifier la couleur du cérumen. Une oreille saine est rosée, sans odeur marquée, sans rougeur persistante. Une oreille qui sent le levain, qui laisse voir un cérumen brun foncé ou qui provoque des secouements de tête répétés demande un examen vétérinaire, pas un nettoyage de plus.

Le nettoyage lui-même se fait avec un produit adapté, jamais avec un coton-tige enfoncé dans le conduit : on nettoie ce qu'on voit, on ne pousse pas ce qu'on ne voit pas. La fréquence dépend du chien, de sa robe et de son mode de vie. Un chien qui nage trois fois par semaine n'a pas le même besoin qu'un chien de canapé.

Cette fragilité n'est pas propre à une race : elle est liée à l'anatomie du pavillon. Le cocker anglais, dont la longue oreille tombante est une caractéristique de race, en est un cas documenté, et le guide du cocker anglais décrit cette contrainte comme un point de suivi régulier plutôt qu'un défaut. La logique vaut pour tout chien de chasse à oreille pendante : plus le pavillon est long, plus la surveillance doit être routinière.

B

Comment surveiller l'appétit d'un chien de chasse ?

L'appétit d'un chien de chasse se surveille par la régularité, pas par la quantité. Un chien qui mange tous les jours avec la même intensité, qui termine son bol en un temps comparable, qui ne quémande pas entre les repas, est un chien dont le comportement alimentaire est stable. C'est cette stabilité qui sert de référence. Le jour où elle bouge, on a un signal.

Trois choses se notent séparément. La vitesse : un chien qui engloutit en trente secondes ce qu'il mettait cinq minutes à finir n'a pas le même profil qu'un chien qui laisse la moitié de sa ration. La régularité : sauter un repas une fois n'est pas un symptôme, sauter deux repas de suite en est un. La demande : un chien qui réclame en permanence, qui fouille les poubelles, qui mange de l'herbe ou qui boit anormalement mérite qu'on regarde de plus près.

Chez les races de chasse sélectionnées pour le rapport et pour la quête, l'appétit fait partie du tempérament. Un chien qui aime manger est un chien qui travaille volontiers. Le revers est connu : ces chiens régulent mal leur prise alimentaire quand la dépense baisse. Un chien de chasse mis à la retraite, ou immobilisé par une blessure, continue souvent de manger comme s'il chassait encore. C'est là que la balance devient un outil plus fiable que l'œil.

La méthode la plus simple reste la pesée mensuelle, sur la même balance, à la même heure, et la palpation des côtes. Une côte qu'on sent sous une fine couche de graisse est un bon repère. Une côte qu'on ne sent plus, ou qu'on sent trop, indique qu'il faut ajuster la ration, pas le chien.

C

Ce que la forme de la tête change pour les yeux

Un crâne large et un museau court modifient la position de l'œil dans l'orbite. Chez certains chiens de chasse, l'œil est plus saillant, moins protégé par l'arcade sourcilière, et donc plus exposé aux frottements : branches, herbes hautes, poussière, vent sec. Un œil qui coule en permanence, qui présente une rougeur de la conjonctive ou que le chien frotte avec la patte n'est pas un détail esthétique.

La surveillance tient en trois observations : la clarté de la cornée, l'absence de sécrétions épaisses, et la symétrie entre les deux yeux. Un œil qui change de couleur, qui devient bleuté ou laiteux, justifie une consultation rapide. Les fragilités oculaires héréditaires existent dans plusieurs races de chasse et se dépistent par des examens spécifiques, réalisés par un vétérinaire ophtalmologue. Ce dépistage se fait chez les reproducteurs, pas chez le chiot à l'achat, et il fait partie des questions à poser à un éleveur avant de réserver.

D

Oreilles, yeux, appétit : ce qui se mesure et ce qui se suppose

Il faut distinguer deux plans. Ce qui se mesure : la fréquence des nettoyages d'oreilles, le poids mensuel, la durée d'un repas, la présence de sécrétions oculaires. Ce qui se suppose : la prédisposition individuelle d'un chien à faire des otites, sa tolérance à un aliment, sa résistance aux infections. Un chien qui n'a jamais eu d'otite peut en faire une à huit ans. Un chien qui en a fait trois jeunes n'en fera peut-être plus jamais.

Cette distinction évite deux erreurs. La première est de croire qu'une race donnée garantit un état de santé. La seconde est de croire qu'un chien sans symptôme n'a besoin d'aucun suivi. La réalité est plus prosaïque : on observe, on note, on compare dans le temps, et on consulte quand la comparaison montre un écart.

E

Le poids de l'apparence dans le choix d'un chien

La tête, l'oreille, l'œil et la robe sont ce qu'on voit en premier. C'est légitime d'y être sensible. Mais ces traits ne disent rien, à eux seuls, de la santé future du chien ni de sa place dans une famille. Un chien de chasse décrit comme gai, affectueux, sensible et énergique demande un cadre de vie qui corresponde à son tempérament, pas seulement une silhouette qui corresponde à une photo.

La question utile, avant l'achat, n'est donc pas « quelle tête a-t-il » mais « qui l'a élevé, avec quels tests, et que me dit-on de son tempérament réel ». Les fragilités des oreilles, des yeux et des reins se documentent, se dépistent et se surveillent. Elles ne se devinent pas sur un pedigree. Un élevage sérieux répond à ces questions sans détour, y compris quand la réponse est « je ne sais pas encore ».

F

En pratique : une routine de surveillance en quatre gestes

Une fois par semaine : regarder et sentir les deux oreilles, noter toute odeur ou rougeur inhabituelle. Une fois par mois : peser le chien et palper les côtes. À chaque repas : observer la vitesse et l'appétit, sans commenter ni forcer. En continu : surveiller les yeux, surtout après une sortie en sous-bois ou en herbes hautes.

Cette routine prend quelques minutes. Elle ne remplace pas le vétérinaire, elle permet d'arriver chez lui avec des observations datées plutôt qu'avec une impression. C'est la différence entre « il mange moins en ce moment » et « depuis le 12, il laisse la moitié de sa ration le matin ». La seconde phrase fait gagner du temps à tout le monde.

Source consultée : www.fci.be/fr

K

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